Bonne nouvelle : aucun code de déontologie n’interdit à un professionnel de santé libéral de vendre du contenu en ligne. Mauvaise nouvelle : la frontière entre “éducation” et “acte déguisé” est plus fine qu’on ne le croit, et les ordres commencent à regarder.
Les 5 lignes rouges
1. Ne jamais transformer la formation en consultation. Dès qu’un module promet un diagnostic individualisé ou un suivi personnalisé d’un état de santé, on bascule dans l’exercice illégal ou l’acte hors tarification conventionnée. La formation informe, elle ne soigne pas.
2. Pas de promesse de guérison. “Guérissez votre dos en 21 jours” est une allégation thérapeutique. “Comprenez votre dos et bougez mieux” est de l’éducation. La nuance est juridique, pas cosmétique.
3. L’affiliation a ses limites. Recommander du matériel contre commission n’est pas interdit en soi, mais le conflit d’intérêts doit être explicite. L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes l’a rappelé : la publicité dissimulée est interdite.
4. Le titre n’est pas un argument marketing. On peut s’en prévaloir, on ne peut pas l’instrumentaliser pour vendre n’importe quoi à n’importe qui — surtout hors de son champ de compétence.
5. Témoignages clients : prudence. Les avis “ça a marché pour moi” sur une page de vente peuvent constituer une allégation implicite. Certains ordres les tolèrent, d’autres non.
En résumé
Le cadre existe, il est même plutôt favorable — à condition de rester dans l’éducation, de documenter ses sources et de déclarer ses revenus annexes. Ceux qui font ça proprement construisent un actif durable. Les autres construisent un rappel à l’ordre. —LR